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Enjeux pour l’agriculture face au changement climatique et l’explosion de ses coûts
énergétiques ?

L'agriculture est confrontée à une double menace : le changement climatique et l'augmentation des coûts énergétiques. Face à ces défis, de nouveaux modèles agricoles émergent, basés sur des pratiques plus durables et résilientes, tels que l'agriculture de conservation et l'agroforesterie.

Temps de lecture 7 mins - Diakhou Thiam & Joseph Hermet

Résumé

- Les phénomènes météorologiques et climatiques se répercutent sur la production agricole.
- La flambée des coûts énergétiques impact grandement le secteur agricole.
- Les impacts du réchauffement climatique et de l'augmentation des prix de l'énergie sur la sécurité alimentaire et l'agriculture commencent à apparaître.
- Des solutions pour atténuer les conséquences du changement climatique sur l'agriculture.
- Les pistes de solutions pour une agriculture durable et résiliente face aux enjeux climatiques et énergétiques
- La mise en place de programmes de formation pour les étudiants est un enjeu clé de la transition vers une agriculture décarbonée et plus sobre en énergie

L’agriculture, un secteur particulièrement stratégique à la croisée de nombreux enjeux entre
autre le stress biotique, l’énergie. L'augmentation progressive de la température principalement causée par les activités humaines ajouté à l’épuisement des ressources énergétiques n’est pas sans conséquences sur la production agricole. Ainsi face aux effets désastreux des phénomènes biotiques ainsi qu’aux flambées des couts énergétiques, les enjeux sont multiples pour l'agriculture.
Dans cette optique, nous allons tenter dans un premier temps de donner des précisions sur la situation actuelle du domaine agricole en dépit de ces deux phénomènes, puis poursuivre par une analyse des conséquences à long terme et enfin terminer par des pistes de solutions permettant de s’adapter à ce changement et de l’atténuer.

Les phénomènes météorologiques et climatiques se répercutent sur la production agricole.

Le rapport du groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) décrit une
augmentation de la température à la surface du globe de 1,09 degré depuis la période
industrielle. Les phénomènes météorologiques entrainent actuellement de grave
répercutions sur la production agricole. Ainsi son impact se fait déjà sentir. En effet,
l’augmentation des sècheresses et des précipitations intenses contribuent avec l’utilisation
des pesticides à fragiliser les sols ce qui accélère l’érosion. De ce fait, les sols perdent leurs
fertilités. En effet, Il a été révélé que le pourcentage de matière organique dans le sol aurait
baissé de 2% depuis la seconde guerre mondiale.

Egalement, les vagues de chaleurs successives entrainent l’inadaptabilité de certaines espèces végétales et l’apparition de nouvelles maladies et ravageurs selon AGEFI. En effet, depuis les années 90, on assiste à une stagnation des rendements de blé pour cause la hausse des températures. Par ailleurs, cette chaleur excessive peut engendrer une évapotranspiration importante pouvant engendrer un stress hydrique à la plante mais aussi un mauvais remplissage des grains et donc une perte de rendement.

Ajoutons-en aussi l’augmentation du niveau de la mer qui réduit ainsi les espaces
culturales et aussi la diminution de la ressource en eau pouvant impacter les cultures
notamment le maïs. Ajoutons-en aussi, les inondations qui causent des problèmes pour la
récolte.

La flambée des coûts énergétiques impact grandement le secteur agricole.

Par ailleurs, la flambée des couts énergétiques impact grandement le domaine agricole. En effet, l’augmentation du prix du pétrole, du gaz est principalement causée par la guerre Ukraine-Russie, qui en sont les plus grands producteurs mais également par la difficulté de plus en plus notée de leurs l’extraction. Par ailleurs, cela engendre des conséquences sur l’agriculture. Actuellement, les couts de productions agricole ont augmenté de 30% sur un an en raison de cette flambée des prix de l’énergie. En effet, l’énergie est utilisée par les agriculteurs à travers l’utilisation des outils agricoles, les fertilisations azotés et phospho-potassiques, les produits phytosanitaires et le transport. En effet, les prix des engrais ont doublé cette année contrairement aux années classiques si on se réfère à la courbe d’évolution des prix présentée par la chambre d’agriculture. Cette augmentation des prix de l’énergie impact fortement les agriculteurs qui voient leurs charges opérationnelles accroitre très rapidement impactant en même temps leurs marges brutes. Par ailleurs, la flambée des couts énergétiques impact grandement le domaine

Les impacts du réchauffement climatique et de l'augmentation des prix de l'énergie sur la sécurité alimentaire et l'agriculture commencent à apparaître

Ainsi, si les effets du réchauffement climatique ainsi que ceux de l’augmentation du prix de
l’énergie continuent à se faire ressentir, plusieurs conséquences subviendront notamment à
long terme. En effet, la première conséquence reste la sécurité alimentaire. Pour combattre
la famine dans le monde, 3 milliards de tonnes de céréales sont récoltés par an. Si les espèces
agricoles ne s’adaptent pas à la hausse de température, cette quantité risque d’être divisé par
deux. L’Afrique est celui qui risque de subir davantage les conséquences car les températures
y sont plus accrues. Ainsi d’ici la fin du siècle, la production de céréales dans les pays tropicaux
risquent de baisser de 30%. Il faut également noter que dans les pays européens, si leurs
rendements baissent également, ils ne pourront plus exporter grand-chose.

Ainsi donc la pénurie en Afrique risque d’être accentuée. Ainsi sur le long terme, le marché mondial risque d’être d’équilibré car ceux qui exportaient leur surplus de production risque de l’arrêter. Avec
la flambée des prix de l’énergie, le prix des céréales également accroit de plus en plus et coûte 400 euros la tonne. L’énergie, une nécessité pour l’agriculteur se raréfie. En effet selon l’article « agriculture et environnement », les prix de l’électricité ont triplé, entrainant les consommateurs notamment les agriculteurs dans le déni. Cette situation à long terme entraine leurs surendettements. Egalement à long terme si les agriculteurs baissent leur consommations d’énergies, la production va également être impactée et sera donc en baisse. Ainsi, le secteur industriel sera également touché.

"Le changement climatique pourrait affecter la production de maïs et de blé dès 2030 dans un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre. Les rendements des cultures de maïs devraient diminuer de 24%, tandis que le blé pourrait potentiellement voir une croissance d'environ 17%." - NASA- Novembre 2021

Des solutions pour atténuer les conséquences du changement climatique sur l'agriculture.

Afin d’atténuer les conséquences, des solutions sont proposées soit pour favoriser un changement ou alors l’adaptation. On distingue alors l’adaptation incrémental, caractérisée par une adoption des pratiques agro écologiques sans modification de système. En effet selonle GIEC, l’agriculteur pourrait diversifier ses cultures en introduisant des légumineuses c’est-à-dire des plantes qui grâce à leurs nodosités captent l’azote de l’air et la restitue à la plante.Ceci s’explique par une symbiose entre une bactérie et les racines. Cela permettrait à l’agriculteur de gagner de l’azote sans avoir à acheter des engrais et également d’enrichir son sol en matière organique.

Egalement toujours selon le GIEC, il pourrait mettre en place des infrastructures agro écologique comme par exemple les haies champêtres qui seront très bénéfique pour les cultures car protège le sol contre l’érosion et contre les vagues de chaleurs s’il s’agit d’une haie avec différent stratification. Aussi, des recherches de variétés hybrides doivent être plus orientés vers des variétés de plus en plus résistantes à des températures élevées et également résistantes à plusieurs maladies notamment futures. Pour les cultures avec des besoins en eau élevés comme le maïs, selon une étude relevée par la chambre d’agriculture des Yvelines l’idée de le remplacer par du Sorgho pourrait être efficace car le Sorgho a des besoins en eau plus faible et ils ont les mêmes valeurs nutritionnelles.

Les pistes de solutions pour une agriculture durable et résiliente face aux enjeux climatiques et énergétiques

Aussi, l’idée de diversifier leurs productions est soutenue, en choisissant plusieurs espèces capables de supporter des phénomènes météorologiques extrêmes différentes. En ce qu’il en ait de
l’adaptation fonctionnelle, il s’agirait de changer de système agricole en se convertissant à
l’agriculture biologique ou à la conservation des sols. Il a été prouvé également que le bio
subirait moins de variation de rendement avec le réchauffement climatique. Aujourd’hui, 23%
de céréales produite par l’Union Européenne servent à l’alimentation humaine, et 62% par les
animaux d’élevages. Si les Européens produisaient moins de viandes, il y’aurait plus de céréale
à exporter et donc moins de famine. Egalement, pour lutter contre la flambée des prix
énergétiques, il existe des variables d’ajustement à court terme, il s’agirait du bioéthanol et
du biogaz selon ARTE. En effet, le choix du bioéthanol et du biogaz serait plus
économique car pourrait s’obtenir avec un mélange de céréale (blé, seigle, mais). C’est le cas
de l’Allemagne ou 12% des céréales produites servent à la fabrication du carburant. Aussi,
l’idée de développer des méthaniseurs serait à privilégier ou l’électricité est produite à partir
de la fermentation des déchets des animaux.

La mise en place de programmes de formation pour les étudiants est un enjeu clé de la transition vers une agriculture décarbonée et plus sobre en énergie

Il est essentiel que les étudiants soient formés aux enjeux environnementaux car cela permettra de transformer les modèles économiques des entreprises. En fournissant aux futurs dirigeants les connaissances et les outils nécessaires pour comprendre les impacts environnementaux de leurs activités, ils seront en mesure de concevoir des produits plus durables et moins obsolètes, de rendre les opérations des entreprises moins énergivores, de décarboner les achats, la production et les systèmes de distribution, de raccourcir les chaînes d'approvisionnement, et de mesurer l'amélioration de différents paramètres environnementaux.

Il est impératif d'agir rapidement en intégrant les enjeux environnementaux dans les activités économiques afin de garantir un avenir durable pour les générations à venir. Selon le rapport spécial du GIEC sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, rapport a été publié en août 2021, il est nécessaire de réduire les émissions de gaz à effet de serre de manière drastique pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire de recourir aux énergies décarbonées et de promouvoir la sobriété dans les chaînes de production. Les étudiants actuels seront au centre de ce défi énergétique et de post-mondialisation annoncé une fois formés aux enjeux environnementaux.

KLIMA School : exemple d'une école de commerce pionière sur les enjeux appliqués du climat

KLIMA School, une école de commerce spécialisée dans les enjeux environnementaux, offre des programmes de formation comprenant des modules sur les impacts du changement climatique et des mesures concrètes à entreprendre pour opérer la décarbonation et sobriété énergétique. Grâce à des projets d'étude de cas pratiques, les étudiants apprennent comment les entreprises peuvent adopter des pratiques économes en énergie et en carbone dans leurs opérations.

Par exemple, les programmes de KLIMA School permettent aux étudiants de se concentrer sur des études de cas d'exploitations pionières et raisonnées ayant réduit leur dépendances aux fossiles et opéré leur transition agrivoltaique. Les étudiants peuvent également apprendre comment les entreprises peuvent intégrer des sources d'énergies renouvelables dans leur modèle d'affaires, par exemple en utilisant des panneaux solaires pour alimenter leurs exploitations ou en installant des équipements de récupération de chaleur ou d'isolation thermique. En outre, les étudiants peuvent étudier les différentes stratégies mises en place pour rendre les chaînes d'approvisionnement plus durables et moins émettrices de carbone, l'agriculture étant toujours mondialisée. Les programmes de KLIMA School permettent également aux étudiants d'acquérir une solide compréhension des différentes réglementations et initiatives en matière de durabilité, ainsi que des meilleures pratiques pour la mise en œuvre de stratégies durables.

On a vu les enjeux actuels de l’agriculture face au réchauffement climatique et à la flambée
des couts énergétiques. Des conséquences sur le long terme, des solutions et alternatives ont
été évoquées. Pour un prolongement d’étude, faut-il retourner vers l’agriculture intensive afin
d’exporter plus pour répondre à l’urgence notamment face à l’accroissement de la
population? ou bien mettre en place une agriculture autosuffisante dans les pays émergents
afin de stopper leurs dépendances ? faut-il changer d’approche face à la problématique des
prix de l’énergie ?

Il convient de souligner que la formation des étudiants aux enjeux environnementaux est un enjeu majeur de notre société. En offrant aux futurs dirigeants les compétences nécessaires pour comprendre les leviers de la chaîne d'approvisionnement et pour développer des pratiques d'achat plus durables, nous pouvons renforcer notre capacité à transformer les modèles d'affaires des entreprises et à accélérer la transition vers une économie plus durable, moins consommatrice de ressources et plus respectueuse de l'environnement.