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Quels risques fait peser le changement climatique sur l'organisation des jeux olympiques de Paris 2024 ?

Le changement climatique menace les Jeux Olympiques de Paris 2024 avec des risques météorologiques et logistiques, affectant la santé des participants et l'image de l'événement. Des mesures proactives sont cruciales pour assurer la réussite des jeux tout en préservant l'environnement.

Alors que la nécessité de plus de soutenabilité et de bonnes pratiques environnementales augmente, l'impératif de changer et d'évoluer les chaînes d'approvisionnement des entreprises devient incontournable. Ce changement de cap amène au développement de compétences et de nouveaux métiers orientés sur la durabilité. Dans les années qui viennent, de nouveaux départements au sein des entreprises vont continuer de se former tels ceux dédiés à la logistique verte, l'éco-conception, les achats responsables, ou encore l'approvisionnement à impact. Ils nécessitent des forces vives nouvelles, pour de nombreux métiers en fort développement. L'enjeu est de taille afin de faire face aux évolutions du climat et des sociétés, il est primordial de répondre à ces nouveaux besoins des entreprises et de préparer les futurs acteurs et managers de l'économie qui vont émerger dans ce nouveau monde.

Les chaînes d'approvisionnement doivent être refondues pour répondre aux enjeux écologiques et de souveraineté européenne.

Alors que la pandémie de Covid-19 a mis en évidence des problématiques concernant les chaînes d'approvisionnement en tension extrême, c'est bien l'urgence écologique qui devrait nécessiter d'un changement profond de nos cycles économiques. La question de la souvraineté et de la durabilité environnementale se rejoignent alors. Les choix faits outre-Atlantique (ex : « Build America, Buy America ») nous incitent à trouver d'autres solutions pour maintenir et défendre nos économies européennes et cela en construisant une trajectoire vers un modèle durable et soutenable du point de vue du climat et de la biodiversité.

Métaux stratégiques, approvisionnement décarbonés et ou respectant des critères sociaux, la façon de s'approvisionner va évoluer et se complexifier. Si le prix était jusqu'alors l'élément fort et décisif, le critère écologique surgit de plus en plus dans la décision d'achat, ainsi les grands groupes comme les PME vont devoir mettre en place des procédés qui assurent la traçabilité, le bilan carbone, l'impact écologique etc.

Une transparence et une traçabilité dans les chaînes de production et de transport des biens nécessite une connaissance intégrale de ses sous-traitants et fournisseurs, où qu'ils soient dans le monde, et malgré une évolution du monde qui rend les transports de plus en plus complexes.

La refonte des chaînes de valeurs mondialisées et l'amélioration de leur empreinte carbone implique le développement de nouvelles compétences.

Selon une étude conduite par Capgémini, 73% des consommateurs se disent prêts à payer plus cher un produit ou un service proposant une transparence complète. Ces exigences des consommateurs d'obtenir de la transparence sont une opportunité économique et créent des nouveaux emplois au sein des entreprises, notamment dans le service des postes RSE (responsabilité sociale des entreprises), des postes qui sont à temps plein ou en alternance. Que ce soit des employés en interne ou des consultants spécialisés, le nombre de personnes travaillant directement sur les sujets RSE est à la hausse. Pour ce qui concerne la production de biens physiques tangibles, une grande partie des critères de décision d'approvisionnement peuvent être comparés aux choix à opérer dans une stratégie RSE : émissions carbone, responsabilité sociale, transparence etc… Par ailleurs, pour que les chiffres de réduction des émissions soient atteints, les entreprises auront besoin de recruter en abondance des cadres formés aux enjeux climatiques. Ainsi, si l'on s'éloigne du désormais redouté "green washing", chaque collaborateur en entreprise devra être capable d'évaluer et comprendre l'impact carbone et environnemental de son activité. Plus facile à dire qu'à faire, puisque l'écologie a beaucoup de faux amis. Les choses sont bien complexes et parfois trompeuses et on confond parfois "local" et "bon pour la planète". Exemple en hiver, du point de vue des émissions carbone, mieux vaudra consommer des tomates du maghreb produites sous serre "classique" que des tomates françaises produites sous serre chauffée aux énergies fossiles.

"73% des consommateurs sont prêt à payer davantage pour un produit offrant une transparence écologique totale" - Etude Capgemini - Mars 2022 - Delphy Amarat & Clément Falquet.

Dans un marché libre à décarboner comment l'industrie textile essaie de changer ?

L'industrie du textile est un exemple qui souligne bien les difficultés de passage des parolles aux actes. Elle est mondialisée et demeure particulièrement difficile à transformer. Changer le processus de fabrication et confectioner des vêtements à partir des matières déjà existantes, c'est que essaient de faire les nouvelles marques de mode dites écologiques. Ce procédé - le upcycling, consiste en à recréer un cycle de fabrication sans l'utilisation de matières premières et en conséquence avoir un bilan carbone moindre que celui de l'industrie textile classique, parfois jusqu'à un facteur de deux tiers. Cela dit, un tel processus implique une traçabilité laborieuse étant donné qu'il faut s'assurer de la sources et la composition de ces matières en premier lieu.

Azala : un exemple d'initiative Prenons l'exemple d'Azala, une marque d'upcycling qui fabrique des vêtements entièrement recyclés à partir de chutes de tissus. Pour tout vêtement fabriqué une quantité de petites chutes textiles (qui seront broyées) sera nécessaire pour fabriquer le matelassage tandis que d'autres seront utilisées sous forme de tissu. La première barrière consiste à certifier l'origine et la composition exacte de ces chutes afin de pouvoir l'expliquer sur la notice ou l'étiquette au consommateur. Par conséquent, il est également nécessaire de savoir qui sont les fournisseurs étant à l'origine de ces déchets textiles originaux, afin de vérifier la qualité, la sécurité pour le consommateur et l'éthique. L'utilisation de chutes de tissus n'empêche pas de vérifier que le tissu d'origine n'a pas servi à financer un système mafieux ou d'esclavage. La collecte de ce type de données nécessite une analyse complémentaire et parfois un travail d'investigation, ce qui nécessite des ressources humaines et intellectuelles supplémentaires en comparaison à l'industrie de la mode conventionnelle.

ACV et réglementations européennes dans le cadre de la transformation des chaînes d'approvisionnement

L'Union européenne (UE) a implémenté plusieurs leviers pour accélérer la transformation des chaînes d'approvisionnement, et un point important de ces mesures est l'utilisation de l'analyse du cycle de vie (ACV). L'ACV est en effet un procédé d'évaluation de l'ensemble des impacts écologiques et climatiques d'un produit, d'un procédé ou d'un service sur la totalité de son cycle de vie, de la production des matériaux utilisés pour sa fabrication, en passant par, la production et l'assemblage intermédiaire, jusqu'à l'utilisation du produit et sa fin de vie.

Quelques directives européennes laissent place à l'analyse de cycle de vie, à l'instar de la directive sur l'écoconception, qui fixe des impératifs minimaux de performance écologique pour les l'énergie, les matières premières, mais pas encore pour les produits assemblés. La directive demande aux agents manufacturiers qu'ils prennent en considération les impacts sur le climat et la biodiversité de leurs produits tout au long de leur cycle de vie, y compris les sources des matières premières, la consommation d'énergie et la vie du produit après utilisation. Pour être en règle, les entreprises doivent ainsi réaliser une ACV afin de mesurer et d'évaluer les émissions de gaz à effet de serre ou l'impact sur la biodiversité de leurs produits et pour les produire de manière à minimiser ces impacts. Plusieurs autres directives, comme celle sur l'économie circulaire, donnent progressivement la place à des contraintes visant à rendre les modèles économiques concordants avec les enjeux de la transition climatique. Cette intégration de l'analyse de cycle de vie dans les directives européennes, ou d'autres régulations similaires vont imposer aux acteurs économiques de modifier en profondeur leur système d'approvisionnement, de transport et de remontée de l'information dans la chaîne de production. En conséquence, ces changements reposent sur la maîtrise de compétences nouvelles, dont la mise en place ne fait que débuter.

Les métiers innovants de la transition écologique : retour sur le métier de supply chain impact analyst et celui d'acheteur responsable.

Le premier métier permettant d'améliorer la situation du point de vue de l'analyse du cycle de vie est celui d'Acheteur responsable, autrement appelé sustainable procurement officer en anglais. Ce dernier à la charge de mettre en place de nouveaux critères de sélection des produits chez ses fournisseurs. Si le prix, la qualité ou encore les délais de livraison demeurent importants dans la grille sélection d'un acheteur, l'acheteur responsable viendra introduire des critères environnementaux. Il est néanmoins nécessaire de définir ce qui se cache sous le mot "responsable", car les critères peuvent être larges. On retrouve par exemple les critères suivants : l'utilisation de matière première, ou encore les produits utilisant des énergies renouvelables dans leur fabrication, ou bien encore, la maîtrise de la consommation énergétique et la limitation des émissions de gaz à effet de serre lors de la production. En clair, tous les facteurs permettant d'améliorer l'empreinte d'un produit ou un service sur le climat ou la biodiversité, et cartographiés par le référentiel ISO 26 000 aussi appelé label Lucie. La tâche est grande, puisque la plupart des produits du monde sont produits en asie, dont le mix énergétique repose encore largement sur des approvisionnement fossiles pour sa production d'énergie primaire. La part des émissions carbone d'un groupe de distribution peut alors être comprise à 70-80% sur l'aval, c'est-à-dire la production et le transport des produits. Le métier d'acheteur responsable à le vent en poupe, en effet, les dirigeants des groupes voient leur programmes de bonus annuels et de stock option indexés sur l'accomplissement des trajectoires carbone annoncées. C'est ainsi que de nombreux postes sont ouverts, à l'instar de l'Afnor et Juliette Guillemin Dupille qui déclarait aux équipes de Klima School au Salon Produrable "j'ai besoin très rapidement de recruter un(e) alternant(e) éco acheteur, nous croulons sous la demande de nos clients".

L'autre métier connexe à l'acheteur responsable est celui du consultant en chaîne d'approvisionnement durable. Ce dernier est de plus en plus en demande à mesure que les entreprises cherchent à adopter des pratiques durables et responsables. Le consultant en chaîne d'approvisionnement durable, ou sustainable supply chain consultant opère dans les entreprises pour optimiser leur chaîne d'approvisionnement en termes de durabilité, en identifiant les opportunités d'amélioration et en mettant en place des stratégies pour minimiser l'impact environnemental et social de leurs activités. Pour mener à bien son travail, le consultant en chaîne d'approvisionnement durable effectue une étude détaillée de la chaîne d'approvisionnement actuelle de l'entreprise, en examinant les processus de production, de distribution et de consommation. Il peut également effectuer des audits éthiques et environnementaux pour identifier les opportunités d'amélioration et les défis potentiels. En utilisant les résultats de son audit de durabilité, le consultant va alors élaborer des stratégies pour aider l'entreprise à réduire son impact environnemental et social, en travaillant avec les différents acteurs de la chaîne d'approvisionnement, tels que les fournisseurs, les transporteurs, les distributeurs et les consommateurs. Les stratégies peuvent inclure des initiatives de durabilité, telles que la réduction des déchets, l'utilisation d'énergies renouvelables, la mise en place de programmes de recyclage et la promotion de pratiques durables auprès des consommateurs. Exemple avec l'entreprise de vêtements écologiques "Ecoalf" basée à Madrid, en Espagne : Ecoalf a adopté des méthodes de production durables pour minimiser son impact environnemental. Grâce à son travail intense sur sa supply chain, la marque utilise des matériaux recyclés pour fabriquer ses vêtements et adopte des méthodes de production moins énergivores, telles que l'utilisation d'énergie renouvelable pour alimenter ses usines, ou un raccourcissement de ses chaînes d'approvisionnement, moins intenses en transport. De plus, l'entreprise a mis en place des systèmes de gestion de la durabilité pour surveiller et réduire ses émissions de carbone à chaque étape de la chaîne de production.

Construire les filières de formation des étudiants : un enjeu de la transition carbone.

La formation aux enjeux écologiques des étudiants est cruciale pour la transformation des modèles économiques des entreprises. En donnant aux futurs leaders les outils et méthodes nécessaires pour comprendre les impacts environnementaux de leurs activités, nous les aidons à créer des produits plus durables et moins obsolètes, à rendre les opérations des entreprises moins énergivores, à décarboner les achats, la production et les systèmes de distribution et à raccourcir les chaînes de valeur, ou encore à mesurer l'amélioration de différents paramètres environnementaux.

Il y a urgence, l'intégration des enjeux environnementaux dans les activités économiques est cruciale pour garantir un avenir durable pour les générations futures. Selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport "world energy outlook", il est nécessaire d'accélérer la transition énergétique pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat, en ciblant une réduction de 55 à 60% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2030. Pour atteindre ces chiffres, l'utilisation des énergies décarbonées est nécessaire, mais également les actions de sobriété dans les chaînes de production. Ainsi, les étudiants actuels une fois formés aux enjeux seront au centre de ce défi énergétique et de post-mondialisation annoncé.

KLIMA School : un exemple concret

Pour atteindre cet objectif de formation, KLIMA School, école de commerce dédiée aux enjeux écologiques, propose des programmes qui incluent des modules de formation sur les achats responsables et la chaîne d'approvisionnement durable. Les étudiants apprennent à travers des projets d'étude de cas concrets comment les entreprises peuvent adopter des pratiques de sobriété énergétique et carbone dans leurs opérations.

Par exemple, les étudiants peuvent se concentrer sur l'examen de cas d'entreprises européennes qui ont amélioré la traçabilité de leurs chaînes d'approvisionnement, comme par exemple en utilisant des technologies logicielles de suivi pour garantir l'origine et l'intensité énergétique des matières premières. Ils peuvent également étudier comment les entreprises peuvent intégrer des sources d'énergies renouvelables dans leur modèle d'affaires, comme en utilisant des panneaux solaires pour alimenter leurs usines ou en installant des équipements de récupération de chaleur ou d'isolation thermique. Les étudiants peuvent également étudier les différentes stratégies mises en place pour rendre les chaînes d'approvisionnement plus durables et moins émettrices de carbone. Les étudiants KLIMA School acquièrent également une solide compréhension des différentes réglementations et initiatives en matière de durabilité, ainsi que des meilleures pratiques pour la mise en œuvre de stratégies durables.

En conclusion, la transformation des chaînes d'approvisionnement est devenue un enjeu crucial pour l'environnement et la souveraineté européenne. Les tendances actuelles montrent que la transparence et la traçabilité des chaînes d'approvisionnement sont de plus en plus importantes pour les consommateurs, les entreprises et les régulateurs. L'industrie textile en est un exemple concret, avec l'essor de nouveaux métiers liés à la transparence et à la traçabilité des produits. Dans le même temps, les réglementations européennes en matière de cycle de vie des produits et d'analyse coûts-bénéfices encouragent les entreprises à opter pour des modèles plus durables et moins émetteurs de carbone. Ce faisant, elles ouvrent la voie à de nouveaux métiers de la transition, notamment dans les domaines de la supply chain et des achats. Enfin, il est important de noter que la formation des étudiants aux enjeux écologiques est un enjeu de société crucial. En encourageant les futurs leaders à comprendre les leviers de la chaîne d'approvisionnement, des achats plus durables et à développer les compétences nécessaires pour les aborder, il sera possible de renforcer notre capacité à transformer les modèles d'affaires des entreprises et à accélérer la transition vers une économie davantage décarbonée, moins consommatrice de ressources et plus durable.

Jeune femme blonde souriante tenant une tablette, avec une autre femme floue en arrière-plan.

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