État des lieux

COP31 : cette fois sera-t-elle la bonne ?

La COP31 s'ouvre le 9 novembre 2026 à Antalya. Sera-t-elle la bonne ? Les arguments des deux camps, et ce que ça change si vous visez une école RSE.

03.11.2026

Points clés de l'article :

  • La COP31 se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya : la Turquie préside, l'Australie mène les négociations.
  • Selon l'ONU, le monde se dirige vers un réchauffement de 2,6 °C à 2,8 °C au cours du siècle.
  • La présidence vise un accord sur l'électrification. La sortie des énergies fossiles n'est pas à l'ordre du jour officiel.
  • Les COP sont critiquées, mais les projections sont passées de plus de 4 °C à 2,6 °C depuis l'accord de Paris.
  • Dans les entreprises, ces décisions se traduisent en métiers RSE : bilan carbone, trajectoire de réduction, analyse des risques, reporting.

Les chiffres sont tombés à quelques jours de l’ouverture. Le 27 octobre 2026, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé, dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre, que les trois principaux gaz à effet de serre avaient atteint des concentrations record en 2025. Le CO2 est monté à 426,8 parties par million, soit 153 % de son niveau de 1750. Six jours plus tôt, le 21 octobre 2026, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publiait son Emissions Gap Report 2026, le rapport annuel qui mesure l’écart entre les promesses des États et ce qu’il faudrait faire. Si chaque pays tient ses engagements, le réchauffement atteindra 2,6 °C au cours du siècle. Avec les politiques actuelles, ce sera 2,8 °C.

Le même jour, une autre mauvaise nouvelle est tombée. Chaque pays doit remettre à l’ONU un plan qui dit de combien il compte réduire ses émissions de gaz à effet de serre. On appelle ces plans les « contributions nationales ». L’ONU Climat (CCNUCC), l’agence qui organise les COP, a additionné tous ceux qu’elle a reçus. Résultat : même s’ils étaient tous respectés, les émissions mondiales ne baisseraient que de 6 % d’ici 2035 par rapport à 2019, rapportent Les Echos dans leur édition du 27 octobre. Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, le GIEC estimait en 2023 qu’il faudrait les réduire de 60 %. « Les progrès collectifs restent clairement insuffisants », a reconnu Simon Stiell, qui dirige l’ONU Climat.

COP31 à Antalya : une conférence à deux têtes

La COP31 se tient du 9 au 20 novembre 2026 à l’Antalya Expo Center, sur la côte méditerranéenne de la Turquie. Les chefs d’État sont attendus les 11 et 12 novembre. Fait rare, le pays hôte ne conduira pas lui-même les discussions. La Turquie et l’Australie voulaient toutes deux organiser cette COP, et elles ont fini par se partager les rôles. La Turquie accueille et préside la conférence, avec son ministre de l’Environnement, Murat Kurum. Le ministre australien du climat, Chris Bowen, mènera les négociations entre les pays, précise l’ONU Climat.

La présidence turque a choisi un fil conducteur : l’électrification. Elle propose que l’électricité représente 35 % de la consommation finale d’énergie d’ici 2035, un objectif baptisé « 35/35 », selon l’Agence France-Presse (AFP). L’idée est de remplacer le pétrole et le gaz brûlés dans les voitures, les chaudières et les usines par de l’électricité bas carbone. L’Union européenne et la France poussent dans ce sens, toujours selon l’AFP. Paris veut que l’« électrification propre » figure dans une décision formelle de la COP, et pas seulement dans des engagements volontaires. Pour l’hebdomadaire La Vie, qui consacre un article à ce sujet le 3 novembre 2026, l’enjeu du sommet est de « bâtir un accord sur l’électrification pour sortir des énergies fossiles ».

La sortie des énergies fossiles, elle, ne figure pas à l’ordre du jour officiel, relève l’AFP. Antalya doit aussi lancer le deuxième bilan mondial de l’accord de Paris, l’exercice qui vérifie tous les cinq ans si le monde tient sa trajectoire. Il se conclura en 2028, à la COP33. L’Université des Nations unies en fait l’un des cinq points à suivre de cette conférence, dans une analyse publiée le 14 octobre 2026.

Pourquoi tant de gens ne croient plus aux COP

Les sceptiques ont des arguments solides.

Le premier s’appelle Belém. Cette ville brésilienne, porte d’entrée de l’Amazonie, a accueilli la COP30 en novembre 2025. Selon le ministère de la Transition écologique, la conférence s’est conclue sur un accord a minima : le texte final ne mentionne pas explicitement les énergies fossiles. Deux ans plus tôt, à Dubaï, la COP28 avait pourtant franchi un cap. Au paragraphe 28 de sa décision sur le bilan mondial, elle appelait pour la première fois les pays à s’éloigner des combustibles fossiles dans leurs systèmes énergétiques (« transitioning away from fossil fuels » dans la version anglaise). Dans son bilan de la COP30, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a regretté « l’insuffisante ambition » du texte de Belém. Il relevait aussi que près de 80 États n’avaient pas encore remis leur nouvelle contribution nationale.

Le deuxième argument tient à ceux qui occupent les couloirs. À Belém, plus de 1 600 lobbyistes de l’industrie fossile étaient accrédités, soit un participant sur vingt-cinq, selon le décompte de la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out. Dans une enquête publiée le 26 octobre 2026, le magazine Socialter rappelle que les trois COP précédentes s’étaient tenues dans des États pétroliers et gaziers : l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Azerbaïdjan.

Le troisième tient aux règles. Les décisions se prennent au consensus, si bien qu’un seul pays peut bloquer un texte. Les chercheurs Amy Dahan et Stefan Aykut y voient une « fabrique de la lenteur », dans leur livre Gouverner le climat (Presses de Sciences Po, 2015). Les États-Unis, eux, ont quitté l’accord de Paris puis la Convention climat de l’ONU début 2026, rappelle Socialter.

Ce que les COP ont quand même changé

Les défenseurs des COP ont eux aussi des arguments, et le premier est une courbe. Avant l’accord de Paris, les projections annonçaient plus de 4 °C de réchauffement. On parle aujourd’hui de 2,6 °C, selon l’ONU Climat. C’est encore beaucoup trop, mais c’est près d’un degré et demi de moins.

Cet écart vient de politiques nationales adoptées pour tenir les engagements pris en COP. En France, la loi énergie-climat du 8 novembre 2019 a inscrit dans le droit l’objectif de neutralité carbone en 2050, « conformément à l’accord de Paris ».

L’Emissions Gap Report du PNUE apporte des preuves chiffrées. Il s’appuie sur plus de 220 évaluations de politiques climatiques. Celles qui visent le secteur électrique ont réduit les émissions de 9 % en moyenne. Les taxes carbone et les marchés de quotas ont obtenu des baisses de 5 à 13 % selon les secteurs. Depuis l’accord de Paris, les capacités d’électricité renouvelable ont progressé trois fois plus vite que prévu, et le solaire sept fois plus vite. « Nous avons quantité d’exemples qui montrent que les émissions peuvent baisser rapidement », souligne Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Même parmi les critiques, peu demandent la fin des COP. Interrogée par Socialter, Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat, rappelle qu’elles permettent « d’amplifier des voix autrement marginalisées », celles des petites nations et des pays du Sud.

Belém n’a pas non plus été un échec complet. La COP30 a créé un mécanisme pour la transition juste. Son rôle : aider les pays à accompagner les travailleurs et les régions qui vivent des énergies fossiles, comme les bassins charbonniers ou les villes de raffineries, quand ces activités reculent. C’est pour l’instant une plateforme de coordination, sans budget propre, note PreventionWeb, le service d’information des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophe. Les pays ont aussi lancé deux dispositifs volontaires, la « Mission Belém pour 1,5 °C » et un accélérateur de mise en œuvre, selon l’Association interaméricaine pour la défense de l’environnement (AIDA). Ils doivent pousser les États à relever leurs contributions nationales. Belém a enfin adopté 59 indicateurs pour suivre les progrès de l’adaptation et appelé à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035, rappelle l’Université des Nations unies. À Antalya, les négociateurs devront montrer que ces outils servent à quelque chose.

Ce que la COP31 change pour les métiers de la RSE

Les décisions prises en COP finissent par arriver dans les entreprises, sous forme de lois, de normes de reporting et de questions posées par les clients ou les banques. En Europe, la directive CSRD sur le reporting de durabilité a été recentrée en 2026, par le paquet européen dit « Omnibus », sur les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les entreprises plus petites restent concernées de façon indirecte : leurs grands clients leur demandent leurs données carbone pour remplir leur propre reporting.

Ce que la COP31 changera concrètement dépend de ce qui sera signé à Antalya. Trois sujets de l’ordre du jour ont une traduction directe en entreprise. Si l’objectif d’électrification « 35/35 » est adopté, les entreprises devront chiffrer le passage de leurs véhicules, chaudières et procédés à l’électricité, et mesurer l’effet sur leur bilan carbone. Le deuxième bilan mondial, lancé à Antalya et conclu en 2028, prépare la prochaine série de contributions nationales, qui se traduiront ensuite en lois et en obligations de reporting. Le mécanisme pour la transition juste créé à Belém place enfin l’emploi et la reconversion des salariés au cœur des plans de transition, un sujet que les directions RSE partagent avec les ressources humaines.

Dans une direction RSE, ce travail prend la forme de chantiers précis :

  • le bilan carbone, qui mesure les émissions directes de l’entreprise (scope 1), celles de l’énergie qu’elle achète (scope 2) et celles de toute sa chaîne de valeur (scope 3) ;
  • la trajectoire de réduction, souvent alignée sur la Science Based Targets initiative (SBTi), un référentiel qui vérifie que les objectifs d’une entreprise sont cohérents avec l’accord de Paris ;
  • l’analyse des risques climatiques : un entrepôt en zone inondable, une usine dépendante du gaz, un fournisseur exposé aux canicules ;
  • le reporting pour les entreprises soumises à la CSRD, et les réponses aux questionnaires des clients pour les autres ;
  • le budget de transition, négocié avec la direction financière.

Ces missions sont portées par des métiers identifiés : chargé de mission RSE, responsable RSE, analyste ESG, consultant en stratégie carbone, responsable transition écologique. Nous avions détaillé l’un d’eux dans notre article sur l’avenir du consultant en RSE. Selon l’Apec, le salaire moyen proposé dans les offres de chargé de mission RSE s’élevait à 43 700 euros brut par an en 2024, d’après le site L’Étudiant. Pour les postes de direction, l’Apec classe les directeurs du développement durable dans la famille des métiers hygiène-sécurité-environnement. Dans son étude « Les rémunérations des cadres dans 111 familles de métiers » (édition 2025), la rémunération médiane de cette famille atteint 54 000 euros brut par an, et 44 000 euros avant 35 ans.

Se former dans une école RSE

Dans une école RSE comme Klima School, les chantiers décrits plus haut sont au cœur du Mastère Stratégie durable des entreprises QHSE & RSE. Pendant deux ans après un Bac+3, les étudiants les travaillent en cas pratiques, jusqu’à défendre un budget de transition devant un conseil d’administration simulé. Pour les Bac+4 en reconversion, le MSc stratégie durable & RSE condense ce parcours en un an. Les deux préparent au titre RNCP 37769 de niveau 7, « Manager de la responsabilité sociétale des entreprises et du développement durable ». Après un Bac+2, le Bachelor 3 Stratégie durable des entreprises QHSE & RSE mène en un an au titre RNCP 39599 de niveau 6.

Ces formations se suivent en alternance, quatre jours en entreprise et un jour à l’école. Les frais sont alors pris en charge par l’opérateur de compétences (OPCO) de l’entreprise, et l’étudiant est salarié. Elles sont aussi ouvertes en formation initiale. Les cours ont lieu sur le campus de Nanterre (Hauts-de-Seine) ou en ligne, avec des rentrées en septembre et en janvier. Pour savoir à quoi ressemblent les cours, lisez ce que l’on apprend concrètement dans une école de la transition climatique.

Questions fréquentes sur la COP31 et les métiers RSE

Qu’est-ce que la COP31 ? C’est la 31e conférence des Nations unies sur le climat. Elle se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie. La Turquie la préside et l’Australie mène les négociations, selon l’ONU Climat.

Quels métiers de la RSE sont liés aux COP ? Chargé de mission RSE, responsable RSE, analyste ESG, consultant en stratégie carbone, responsable transition écologique. Ces professionnels appliquent dans l’entreprise les règles nées des engagements climatiques : bilan carbone, trajectoire de réduction, reporting.

Quelle formation pour travailler dans la RSE ? À Klima School, école RSE à Nanterre, trois parcours existent : le Bachelor 3 après un Bac+2 (titre RNCP 39599, niveau 6), le Mastère après un Bac+3 et le MSc en un an après un Bac+4 (titre RNCP 37769, niveau 7). Tous se suivent en alternance ou en formation initiale.

Pour comparer les programmes, téléchargez la brochure ou prenez rendez-vous avec un conseiller.

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Jeune femme blonde souriante tenant une tablette, avec une autre femme floue en arrière-plan.

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